Quelques exercices possibles dans un cours sur le bonheur et le désir

  • Choisir un des sujets suivants et utiliser Kant (à propos du bonheur comme idéal de l’imagination) pour répondre à la question posée : 1/ Le bonheur est-il une affaire privée ? 2/ Le bonheur peut-il s’apprendre ? 3/ L’État doit-il viser le bonheur de l’individu ? 4/ Ai-je le devoir de faire le bonheur des autres ?
  • Cherchez des exemples d’utopie. À partir de ces exemples, essayez de définir ce qu’est une utopie.
  • Le bonheur est-il vraiment une question de chance ? (Après quelques éléments de cours sur le bonheur et le hasard)
  • Selon Platon, vivre comme un tonneau percé ne nous permet pas d’être heureux. Qu’en pensez-vous ?
  • Expliquez cette phrase prononcée par Patrick Le Lay, ancien PDG de TF1, qui parlait alors du métier de TF1 : « Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau disponible ».
  • Sommes-nous libres face à la publicité ? Répondez à cette question en justifiant votre réponse.
  • Analysez une image ou un slogan publicitaire (en suivant le type d’analyse vue en cours à propos de la publicité Dior).
  • Analysez l’une de ces vanités. (Avec les exemples suivants: lien vers le blog 2011-2012)
  • Quelle différence faites-vous entre un besoin et une envie ?
  • Comparez l’épicurisme et la simplicité volontaire. Comparez le stoïcisme et les thérapies cognitives. (Avec les documents suivants : lien vers le blog 2011-2012)
  • Comparez la conception de l’amour qu’on trouve dans le mythe d’Aristophane et celle que l’on trouve dans le Dom Juan de Molière (tirade de l’inconstance).
  • Comment la musique de Mozart manifeste-t-elle les caractéristiques du personnage de Don Juan ? (À partir de deux extraits : l’air du catalogue et l’air du champagne)
  • Quel est le point commun entre une mère qui regarde son enfant, un commerçant qui développe ses affaires, un artiste qui a peint une toile, et un mathématicien qui a découvert un théorème ? (Point de départ pour l’analyse du texte de Bergson sur le bonheur comme création de soi par soi)
  • Pascal affirme que le bonheur est « le motif de toutes les actions de tous les hommes, jusqu’à ceux qui vont se pendre ». Qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ?
  • Saint-Just affirme que « Le bonheur est une idée neuve en Europe ». Qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ? (Après avoir lu des extraits de différentes déclarations des droits humains : lien vers le blog 2011-2012)
  • Expérience de pensée de l’homme qui compte des brins d’herbe (lien vers le blog 2011-2012)

    « Une personne qui menait une vie ordinaire, faite à la fois de quelques satisfactions, et d’un certain nombre de soucis, se retrouve après un accident dans l’état suivant. Elle a perdu toute capacité intellectuelle, elle ne reconnaît plus sa famille, ses amis. Un hôpital prend soin de cette personne, qui passe toutes ses journées à compter les brins d’herbe dans le jardin. Lorsqu’elle accomplit ce rituel, elle semble tout à fait heureuse : elle rigole souvent et semble très apaisée. Les quelques amis qui viennent de temps en temps, après l’avoir vu observé les brins d’herbe, affirment qu’ils ne l’avaient jamais vu autant rire et qu’ils ne l’avaient jamais vu si apaisé. »

    Cette personne est-elle heureuse ? Cette personne est-elle plus heureux ou moins heureuse qu’avant ?

    « Des scientifiques vous abordent dans la rue et vous font la proposition suivante : « Votre vie ne va peut-être pas si mal que cela, mais il y a toujours des soucis qui empoisonnent votre existence et vous n’êtes pas à l’abri d’un malheur terrible. Nous vous faisons cette offre : nous pratiquerons sur vous, si vous le voulez bien, une lobotomie. Après cette lobotomie, vous n’aurez plus qu’un seul désir, qui sera de compter les brins d’herbe, et nous vous fournirons un jardin magnifique (regardez cette jolie photo). Vous mènerez ainsi une existence formidable puisque vous serez toujours satisfait et que vous ne vous soucierez de rien ! ».

    Acceptez-vous une telle offre ?

  • Expérience de pensée de la machine à expérience :

    « Supposez qu’il existe une machine à expérience qui soit en mesure de vous faire vivre n’importe quelle expérience que vous souhaitez. Des neuropsychologues excellant dans la duperie pourraient stimuler votre cerveau de telle sorte que vous croiriez et sentiriez que vous êtes en train d’écrire un grand roman, de vous lier d’amitié, ou de lire un livre intéressant. Tout ce temps-là, vous seriez en train de flotter dans un réservoir, des électrodes fixées à votre crâne. Faudrait-il que vous branchiez cette machine à vie, établissant d’avance un programme des expériences de votre existence ? […] Bien sûr, une fois dans le réservoir vous ne saurez pas que vous y êtes ; vous penserez que tout arrive véritablement. […] Vous brancheriez-vous ? » (Robert Nozick, Anarchie, État et utopie)

  • Matrix : Quel est le choix qui vous semble le plus judicieux : celui de Néo ou celui de Cypher ?
  • Aimeriez-vous vivre dans un monde tel quel celui qui est décrit dans Le Meilleur des Mondes (ou Un Bonheur insoutenable, ou SOS Bonheur) ?
    Avec les documents suivants : 1/ pour Le Meilleur des Mondes ; 2/ pour Un Bonheur insoutenable ; 3/ pour SOS Bonheur
  • Analysez le tableau d’Annibal Carrache, qui représente le choix d’Hercule, entre le vice et la vertu (lien vers le blog 2011-2012)

Et vous, quels exercices faites-vous avec vos élèves ?

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2 Commentaires »

 
  • C. Brière dit :

    J’ai déjà testé l’expérience de pensée de Nozick avec les élèves, dans le cadre du cours sur le bonheur.

    La réponse est si évidente pour eux qu’ils s’offusquent que je leur pose la question.

    Il leur semble tout à fait clair et sans objection possible que la satisfaction durable et sans encombres d’un désir quel qu’il soit constitue le bonheur en son degré le plus haut. Que l’accès à la satisfaction de ce désir se fasse en outre facilement, sans exiger d’eux le moindre effort, leur paraît être un cadeau inespéré qu’ils saisissent immédiatement. Ils attendent avec grande impatience les avancées de la science, et signent tout de suite pour laisser à disposition leur cerveau.

    Ils trouvent choquante l’hypothèse que je formule, suivant laquelle à chaque condition serait approprié un bonheur spécifique (le bonheur de l’humain se distinguant, non en valeur mais en nature, du bonheur de la plante verte). Ils espèrent que Platon ne se trompe pas et qu’ils seront incarnés, pour leur vie prochaine, en marguerite ou tournesol, ou, luxe suprême, en pierre (car le tournesol doit faire effort pour se sustenter, ce n’est pas la condition idéale).

  • C. Brière dit :

    PS: je constate donc avec eux que le texte de Mill est devenu inaudible pour cette génération d’élèves (du moins les miens). Mill part d’un présupposé (aucun homme ne voudrait être « rétrogradé » en une condition « inférieure) qu’il tire de l’expérience: or cette affirmation s’est absentée du réel. On ne peut plus la déduire d’un constat tiré de l’expérience, puisqu’au contraire les élèves affirment qu’ils souhaitent absolument obtenir une condition autre que la leur. Et la précision de Mill, selon laquelle ce souhait s’expliquerait par une infortune extrême, ne vaut pas ici: ils ne se disent pas infortunés ou malheureux, de telle sorte qu’ils chercheraient à fuir un inconfort terrible, mais désirent simplement obtenir une situation à leurs yeux plus agréable et facile.

    Il semble y avoir un changement de paradigme aujourd’hui dans la conception du bonheur (à moins qu’il n’y ait eu une mutation génétique ?).