Que dois-je faire ? B. Le conséquentialisme

Résumé du cours

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2 Commentaires »

 
  • [...] This post was mentioned on Twitter by Cédric Eyssette, Dominique Demartini. Dominique Demartini said: RT @Cedric_Eyssette: [Enseignement] Que dois-je faire ? B. Le conséquentialisme. http://bit.ly/consequentialisme [...]

  • Pascal G dit :

    Hello Cédric,

    La distinction entre tuer et laisser mourir pourrait sans doute être corrélée :
    a) au couple certitude / probabilité. Je peux être (presque) sûr que je vais tuer quelqu’un, mais il n’est le plus souvent que probable qu’il mourra si je n’interviens pas.
    b) au couple activité / passivité ; tuer est un acte, laisser mourir est une absence d’acte.

    Ce qui est intéressant dans ces deux distinctions, c’est qu’il n’est pas du tout nécessaire de pouvoir les trancher théoriquement (dans le cas considéré, est-il plus certain que…) pour qu’elles puissent jouer un rôle dans les conséquences qu’implique pour moi le fait de tuer ou de laisser mourir. (Je considère que le conséquentialisme devient beaucoup plus intéressant quand on le boucle sur lui-même en interrogeant les conséquences de l’adoption d’un point de vue conséquentialiste face à un problème donné).

    A titre d’illustration, on peut reprendre le vieux dilemme qui avait trouvé une nouvelle formulation au lendemain du 11 septembre. Si vous êtes Président des Etats-Unis, et que vos services de renseignements vous annoncent qu’il est absolument certain que l’avion détourné qui se dirige actuellement sur New York a la ferme intention de se crasher sur le World Trade Center, que faites-vous ? Vous attendez ou vous envoyez un chasseur détruire l’avion en plein vol ?

    D’un côté, il faudra évidemment se demander s’il est « aussi certain » que l’avion va se crasher sur le WWT, qu’il est certain que tous les passagers seront tués si vous envoyez le chasseur. Probabilité vs certitude.

    D’un autre côté, le Président qui envoie le chasseur à 80 cadavres sur les bras ; alors que celui qui ne fait rien… n’a tué personne. Activité vs passivité.

    Comment alors comparer le fait de laisser probablement mourir plusieurs milliers de personnes avec le fait d’en tuer avec certitude une centaine (qui par ailleurs fait partie des précédents milliers) ?

    On pourrait considérer que la réponse à cette question est une réponse logique, ce qui n’est pas certain, puisqu’on peut difficilement confronter mathématiquement des probabilités et des certitudes sans faire, à un moment donné, un choix éthique.

    Mais surtout, l’idée intéressante est qu’il n’est pas du tout nécessaire de considérer que ce problème peut être résolu pour savoir qu’il le sera, par exemple, par l’opinion publique. Un analyste américain a fait remarquer qu’aucun président des Etats-Unis ne donnerait jamais un ordre de ce genre; car quelles que soient les données statistiques ou les enseignements que l’on pourrait tirer ici d’une modélisation mathématique ou d’une approche en théorie des jeux (modélisation qui a d’ailleurs peu de chance d’aboutir à autre chose qu’à une clarification ordinale des priorités du modélisateur), il serait POLITIQUEMENT irrationnel de prétendre poursuivre une carrière politique aux Etats-Unis tout en ayant fait exécuter 50 citoyens américains innocents.
    Ici, la différence entre probabilité et certitude, et plus encore la distinction entre action et passivité, recouvrent des différences qui sont peut-être théoriquement ardues, mais qui sont politiquement évidentes.

    Dans cet exemple, le conséquentialisme risque fort d’avoir des conséquences politiques désastreuses pour le conséquentialiste !