Méthodologie de la dissertation

Objectifs

Quels sont les objectifs d’une dissertation ? Un sujet de dissertation se présente sous la forme d’une question. Par conséquent, le but de la dissertation est de chercher une réponse à la question posée. Mais cette question est une question philosophique, une question qui renvoie à des problèmes philosophiques. Par conséquent, l’objectif est également d’affronter les problèmes que la question pose.

Pour mieux comprendre ce que l’on attend de vous, partons de ce que doit être le produit final (« comment votre copie doit-elle se présenter ? »), puis de ce qui se passe lors de la correction de votre copie (« comment un devoir de philosophie est-il évalué ? »). Nous remonterons alors dans le temps pour comprendre comment organiser votre travail au brouillon et lors de la rédaction (« comment procéder pour faire sa copie ? »).

Plan :

  1. Votre copie
  2. L’évaluation de votre copie
  3. Le brouillon et la rédaction

I – Votre copie

La structure générale de votre copie doit être la suivante :

  • Introduction
  • Développement en trois parties
  • Conclusion

Précisons ainsi ce qu’il doit y avoir dans l’introduction, le développement et la conclusion.

A / L’introduction

Une introduction doit se faire essentiellement en deux temps :

  1. Il faut d’abord montrer que la question pose problème (cf. point méthode sur la problématisation), à partir de l’analyse du sujet.
  2. Vous expliquez ensuite comment vous allez chercher à répondre à la question et aux problèmes qu’elle pose, ce qui revient à faire l’annonce de votre plan.

B / Le développement

Nous allons d’abord examiner ce qu’il doit y avoir dans chaque partie, puis nous verrons comment organiser vos parties, c’est-à-dire comment faire un plan.

1°) Le contenu de chaque partie

Objectif

Dans l’introduction, vous avez montré que la question pose problème. Le but du développement est de trouver une solution aux problèmes soulevés. Par conséquent, dans chaque partie il faut examiner une réponse à la question posée.

Cela signifie notamment que l’on ne fait pas une partie simplement d’analyse des notions. Dans chaque partie, il faut chercher à répondre à la question.

Structure de chaque partie

Chaque partie devra avoir la structure suivante :

  1. Idée directrice
  2. Argumentation
  3. Bilan
  4. Transition (cf. point méthode sur les transitions)

L’annonce de votre idée directrice, le bilan et la transition consistent à chaque fois en quelques phrases seulement. C’est l’argumentation qui est centrale dans chaque partie.

Qu’est-ce qu’une bonne argumentation ?

Dans une argumentation, il doit y avoir :

  1. Une progression logique
  2. Une analyse des idées (des définitions, des distinctions conceptuelles) [cf. point méthode sur les distinctions conceptuelles ; cf. corrigé de l'exercice : « Pourquoi n'y a-t-il pas de manuel de bonheur selon Kant ? »]
  3. Des exemples (cf. dans le cours notre analyse précise d’un exemple de publicité)
  4. Des références philosophiques (on peut utiliser les idées, les arguments, les exemples d’un auteur philosophique, on peut partir d’une citation, …)
  5. Des connaissances (en art, en science, en histoire …)

2°) L’organisation de vos parties, le plan

Pas de plan type

Il n’y a pas de plan type. On ne peut pas appliquer un même type de plan pour tous les sujets.

Notamment, l’idée qu’on devrait faire un plan du type « thèse – antithèse – synthèse » est absurde. Pourquoi ? Tout d’abord, dire « oui » en première partie et « non » en deuxième partie, c’est tout simplement se contredire ! De plus, affirmer qu’on va ensuite faire la synthèse du oui et du non, cela ne veut rien dire !

Pourtant on nous demande de répondre à la question posée. Par conséquent, il est vrai que notre réponse sera toujours du type « oui », ou du type « non ». Mais ce n’est pas le simple « oui », ou le simple « non » qui est important. Ce qui est important, c’est pourquoi et dans quel cas précisément on répond oui, et pourquoi et dans quel cas précisément on répond non.

D’autre part, ce que vous demande, c’est qu’il y ait dans votre devoir un cheminement logique. On veut vous voir en train de réfléchir, de vous questionner et de chercher une réponse. Votre devoir aura ainsi la structure suivante :

Dans une première partie, vous proposez une réponse, mais ensuite vous vous rendez compte que cette réponse présente des difficultés. Vous passez donc à une deuxième partie pour chercher une meilleure réponse, une réponse qui puisse dépasser le problème qui a été dégagé. Mais cette réponse, vous devez montrer qu’elle n’est pas encore parfaitement satisfaisante. Vous faites ainsi une troisième partie, dans laquelle vous formulez enfin la solution qui semble la plus solide.

Pas de plan type, mais une méthode

Vous remarquez ainsi qu’il n’y a pas de plan type, mais qu’il y a une méthode que l’on pourrait formuler ainsi :

  1. Partir du plus simple : dans votre première partie, vous examinez la réponse qui semble la plus évidente, celle qui viendrait à première vue immédiatement à l’esprit de chacun.
  2. Dégager à chaque fois en transition une difficulté : pour passer de la première à la deuxième, et de la deuxième à la troisième partie, vous dégagez un problème qui montre que votre réponse n’est pas suffisante. Vous expliquez alors que vous devez envisager une autre réponse pour pouvoir résoudre ce problème.
  3. Finir par la meilleure solution : votre troisième partie doit contenir la solution que vous proposez à la question posée, et cette solution doit être celle qui semble la meilleure après la réflexion que vous venez de mener. La « meilleure solution » ne signifie pas simplement « celle que vous préférez », mais « celle qui est justifiée par les arguments les plus solides ».

C / La conclusion

La conclusion se fait en deux temps :

  1. Faire un bilan récapitulatif : vous expliquez comment vous êtes parvenus finalement à votre réponse finale (après examen d’autres solutions). Vous retracez le mouvement que vous avez suivi de la première jusqu’à la troisième partie.
  2. Faire ressortir l’intérêt de votre solution : vous expliquez, de manière nuancée, en quoi votre solution permet de répondre de manière pertinente aux problèmes posés par la question.

Ce n’est pas la peine de faire une « ouverture » à proprement parler, mais vous pouvez indiquer un point sur lequel votre analyse mériterait d’être approfondie. Attention cependant, l’ouverture doit être une simple nuance que vous faites à propos de votre réponse finale : il ne faut pas poser une question qui remette totalement en question votre réponse finale, et il ne faut pas ouvrir sur une tout autre question.

II – L’évaluation de votre copie

A / Qualités formelles et qualités de contenu

L’évaluation de votre copie se fait sur deux types de qualités qui sont attendues dans votre devoir :

1°) Les qualités formelles

L’expression des idées est-elle toujours claire ? Est-ce que le devoir est fait dans les formes ? C’est-à-dire :

  • Y a-t-il une introduction, un développement en trois parties, une conclusion ?
  • Dans l’introduction, un problème est-il dégagé ? Est-ce qu’il y a l’annonce du plan ?
  • Est-ce que chaque partie est organisée comme une tentative de réponse à la question posée ? Y a-t-il une idée directrice, une argumentation, un bilan, une transition dans chaque partie ? Y a-t-il une progression logique dans le plan ?
  • La conclusion retrace-t-elle le mouvement parcouru dans le devoir et formule-t-elle bien l’intérêt de la solution proposée ?

2°) Les qualités de contenu

Le contenu est-il pertinent ? C’est-à-dire :

  • Les idées sont-elles justifiées par des arguments convaincants et à partir d’une analyse précise des idées ?
  • Y a-t-il des définitions et des distinctions conceptuelles ?
  • Y a-t-il des exemples pour ancrer le devoir dans le réel, dans le concret
  • Y a-t-il un usage pertinent de références philosophiques et d’autres connaissances ?
  • La question posée est-elle envisagée dans ses enjeux importants ? Les problèmes essentiels sont-ils dégagés ?
  • Y a-t-il une véritable tentative de réponse à ces problèmes ? Y a-t-il plusieurs solutions qui sont envisagées, puis critiquées, avant d’arriver à la proposition finale ?

B / Deux précisions

1°) Les fautes d’orthographe et de syntaxe

Il n’y a pas à proprement parler de points négatifs pour les fautes d’orthographe ou de syntaxe (rappel : une faute d’orthographe est une faute dans un mot ; une faute de syntaxe est une faute dans la structure de la phrase). Mais, vos éventuelles fautes nuisent considérablement à la lecture et du coup à la compréhension de vos copies par le correcteur, ce qui joue de toute façon sur la note finale. Vous devez de toute façon apprendre à écrire correctement. Cela est essentiel, même dans votre vie future : vous ne serez pas pris au sérieux si vous vous adressez à quelqu’un en faisant des fautes d’orthographe ou de syntaxe. Notamment, il y a des fautes qui sont absolument intolérables en Terminale, et cela fait aussi partie de mon rôle de vous apprendre à faire le moins de fautes possibles.

2°) Le correcteur ne note pas en fonction de ses propres idées

Votre correcteur ne note pas en fonction de la correspondance entre vos idées et les siennes. Pour les qualités formelles, c’est évident, puisqu’elles sont indépendantes de tout contenu particulier (il s’agit simplement ici de faire une introduction, un développement et une conclusion en suivant la méthode). Pour ce qui est du contenu, on peut apprécier la qualité d’une argumentation, même si on n’est pas d’accord avec l’idée défendue. De plus, un correcteur de philosophie peut très bien trouver que dans l’absolu votre argument ne tient pas, mais que vous avez fait un travail correct à votre niveau (nous savons, tout comme vous, que vous débutez en philosophie !). Bien plus, faire de la philosophie suppose d’être capable de se décentrer de son propre point de vue, et d’envisager d’autres possibilités, d’autres positions. Un correcteur de philosophie ne va pas se crisper de manière dogmatique sur son point de vue. Enfin, lors de la correction des copies du baccalauréat, nous avons des réunions que l’on appelle réunion d’harmonisation et réunion d’entente : les correcteurs de philosophie se réunissent pour discuter des critères d’évaluation, pour discuter des copies difficiles, et pour harmoniser leurs notes. L’idée qu’en philosophie la note est complètement aléatoire est fausse.

III – Le brouillon et la rédaction

Nous avons vu à quoi devait ressembler votre copie, le produit final, et comment le correcteur évaluait votre copie. Mais comment procéder pour élaborer cette copie ? Il faut maintenant en venir à la cuisine interne, au travail sur le brouillon et à la rédaction.

A / Le brouillon

Le travail sur le brouillon devrait être organisé ainsi :

  1. Analyser le sujet : repérez d’abord les notions du programme (c’est ce qui va vous faire penser à ce qui dans le cours pourrait être pertinent pour le sujet), mais intéressez-vous surtout aux autres termes. En effet, ce sont ces termes qui sont importants, et qu’il faut absolument analyser pour comprendre la question que l’on vous pose. Si vous avez par exemple le sujet « La conscience est-elle un obstacle au bonheur ? », demandez-vous : « quelle est la question que l’on me pose à propos du bonheur et de la conscience ? ». Vous voyez bien ici que c’est le terme d’obstacle qui est déterminant. Pensez donc à analyser ces termes qui ne sont pas des notions du programme. C’est ce qui vous permettra d’éviter le hors sujet. Pour faire cette analyse, cf. le point méthode sur l’analyse.
  2. Examiner les réponses possibles au sujet : voyez comment on peut répondre au sujet, quels arguments on peut proposer pour défendre ou critiquer ces réponses. Repérez quels élements du cours, quelles références philosophiques vous pouvez mobiliser.
  3. Dégager la problématique : déterminez le problème central pour ce sujet, c’est-à-dire le paradoxe qui semble le plus important (cf. point méthode sur la problématisation).
  4. Construire le plan : pour faire votre plan, n’essayez pas de replacer vos idées dans des cases. Partez plutôt de l’idée qui semble la plus simple. À partir de là élaborez la structure de votre première partie, et voyez quelles difficultés se présentent. Comment pourrait-on alors dépasser cette difficulté ? Passez alors à votre deuxième partie, et procédez de même jusqu’à la troisième partie.

B / La rédaction

Je n’ai qu’un conseil à vous donner : donnez-vous du temps pour la rédaction. Ne passez pas trop de temps sur le brouillon. Ne cherchez pas notamment à tout écrire sur votre brouillon. Rédigez seulement l’introduction auparavant sur le brouillon.

Cela vous fait peut-être peur de vous lancer sans un brouillon où presque tout est déjà écrit, mais c’est pourtant ce qu’il faut faire. Le correcteur veut vous voir en train de penser, en train de vous questionner, en train de chercher une réponse. Votre écriture doit donc transcrire la réflexion que vous êtes en train de faire sur le moment.

Soignez votre écriture et écrivez avec un style le plus clair possible. Il ne s’agit pas de faire de belles phrases, mais de construire une argumentation la plus convaincante possible.

Lorsque vous écrivez, ne vous dites pas que vous vous adressez à un professeur de philosophie qui connaît déjà ce que vous essayez d’expliquer. Dites-vous que vous êtes en train d’écrire à quelqu’un qui n’a jamais fait de philosophie : vous devez tout expliquer, de manière progressive et de manière très claire.

Bon courage !!! S’il reste des points obscurs, postez ci-dessous votre question ou votre remarque.

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16 Commentaires »

 
  • Kévin s2 dit :

    Méthodologie très clair qui m’a bien fait comprendre comment procéder lors d’une dissertation.

    Cependant quelques questions restent sans réponses (pour le moment).
    Tout d’abord, j’aimerai comprendre l’intérêt d’une ouverture dans la conclusion. Une question d’ouverture ne risquerait-elle pas de remettre en doute notre cheminement et notre argumentation?
    Et rendre notre travail moins complet?

    De plus je voulais savoir combien de temps vous nous conseillez pour faire le brouillon par rapport à la rédaction? Par exemple pour 2 heures de devoir: 20 minutes pour le brouillon et le reste pour la rédaction?

    Et enfin ma dernière question: est-ce que le hors-sujet est sanctionnable en dissertation de philosophie? Et, si oui, comment faire pour ne pas tomber dedans en pleine argumentation?

    Merci d’avance.

    • Cher Kévin, merci pour votre message. Je suis satisfait de voir que vous trouvez cette méthodologie claire dans l’ensemble.

      À propos de votre question sur l’ouverture. Vous avez tout à fait raison : l’ouverture ne doit pas remettre en doute votre cheminement et votre argumentation finale. La seule ouverture qui est acceptable est de l’ordre d’une simple nuance : on maintient la réponse que l’on propose en 3e partie, mais on indique un point sur lequel on pourrait approfondir sa réflexion. Quoiqu’il en soit, ce n’est pas nécessaire de faire une ouverture (et comme je l’ai indiqué, c’est plutôt risqué). Vous pouvez très bien, en conclusion, faire simplement un récapitulatif de votre cheminement, puis souligner l’intérêt de la solution que vous proposez, et vous arrêter là.

      Pour la répartition du temps, je n’ai qu’un conseil général : il faut se laisser beaucoup de temps pour la rédaction. Sur la base d’un devoir de 4 heures (c’est le temps que vous avez au bac), je dirais environ 1 heure de travail au brouillon, et 3 heures pour la rédaction. Il faut en tout cas absolument ne pas vouloir tout rédiger au brouillon. Mais pendant votre rédaction, vous pouvez bien évidemment utiliser une feuille de brouillon de temps en temps pour trouver la manière d’écrire correctement une phrase.

      À propos du hors sujet en dissertation, il est bien sûr « sanctionnable » pour reprendre votre terme, et peut d’ailleurs vous faire perdre beaucoup de point. Qu’est-ce qu’un devoir hors sujet ? C’est un devoir qui ne répond pas à la question posée. Il y a au moins trois manières de faire un hors sujet :
      1°) parler des notions qui sont présentes dans le sujet, sans prendre en compte la question particulière qui est posée. Par exemple, parler du bonheur et parler du désir de manière générale, sans répondre à la question : « le bonheur consiste-t-il à satisfaire tous ses désirs ? ». Autre exemple de hors sujet : si la question posée est « La liberté est-elle une illusion ? », faire un long développement sur les différents types d’illusions perceptives (illusions optiques, illusions auditives), sans faire le lien avec l’idée de liberté et la question de savoir si la liberté est une illusion. Dernier exemple : soit le sujet « La connaissance du vivant est-elle possible ? », parler de la science et du progrès scientifique en général, sans répondre à la question posée, qui, elle, porte précisément sur la connaissance du vivant, et non pas sur la connaissance en général.
      2°) transformer la question posée en une autre question. Par exemple, si le sujet est « Le travail doit-il être considéré comme une valeur ? », il ne faut pas transformer la question en : « Le travail est-il considéré comme une valeur ? ». Autre exemple : si le sujet est « L’art transforme-t-il la conscience du réel ? » (bac s 2008), la question n’est pas : « L’art transforme-t-il le réel ? ». Dernier exemple : si le sujet est « Le désir peut-il se satisfaire de la réalité ? » (bac s 2007), ce n’est pas le même sujet que : « Le désir peut-il se réaliser dans la réalité ? »
      3°) oublier complètement la question posée, et développer une idée qui n’a plus rien à voir avec la question posée. C’est le type de hors sujet qui est le moins fréquent, je n’ai pas d’exemple en tête ici, mais je pense que vous voyez bien ici de quoi il s’agit.

      Par conséquent, pour éviter le hors sujet il faut absolument :
      1°) bien analyser le sujet (dès le début, dans le travail au brouillon). Il s’agit de repérer les notions du programme, mais surtout les autres termes. Ce sont ces autres termes qui sont importants. Soit la question « La conscience est-elle un obstacle au bonheur ? », même une copie hors sujet parlera de la conscience et du bonheur, mais ce qui va faire que cette copie est hors sujet, c’est que le terme d’obstacle n’a pas été analysé, et que le devoir ne répond pas à la question particulière qui est posée ici.
      2°) toujours vérifier que vous ne vous éloignez pas du sujet (lors de la rédaction). Vérifiez en effet sans cesse que vous êtes bien en train de répondre à la question posée. Faites toujours le lien entre ce que vous écrivez et le sujet. Ayez une démarche de réflexion vis-à-vis de ce que vous êtes en train de faire (« Où est-ce que j’en suis ? Qu’est-ce que je veux montrer ? Quel est le rapport avec le sujet ? … »)
      Vous comprenez pourquoi j’ai répété si souvent en cours lors de la séance sur la méthodologie que le but de la dissertation est bien de répondre à la question posée !
      Bon courage pour votre dissertation et n’hésitez pas à poser d’autres questions.

  • Jihanne TS4 dit :

    La méthodologie est très claire cependant il me reste quelques question en suspend.
    J’aimerais savoir comment faire pour introduire la problématique et si il faut ou non la reformuler en gardant le sens qu’elle a ?
    Merci d’avance, bonne fin de week-end.

    • Bonsoir Jihanne. Vous trouvez également que la méthodologie est claire, j’en suis ravi !

      Pour revenir à votre question, je ne suis malheureusement pas sûr de bien la comprendre. Le problème vient du terme « problématique ». Qu’entendez-vous par là ? Pourquoi dites-vous qu’il faudrait l’introduire et la reformuler ?
      En fait ce qu’il faut faire en introduction c’est simplement formuler (et non reformuler) un problème.
      Regardez les exemples que je donne dans ce document : http://eyssette.net/docs/2007_2008/1_sujetsbac.pdf

      Revoyez le point méthode sur la problématisation, les exemples vus en début de séquence sur le bonheur et le désir.
      Souvenez-vous également de l’exemple vu à l’oral en cours lors de la méthodologie : sur le sujet « le bonheur est-il une affaire privée ? », l’introduction pourrait commencer ainsi :

      « Nous désirons tous être heureux, mais nous avons tous à première vue une conception particulière du bonheur. Le bonheur semble être une notion relative aux désirs, aux croyances de chacun. En ce sens le bonheur serait une affaire privée, une affaire qui concerne seulement l’individu. N’est-ce pas en effet à l’individu de déterminer ce qu’est pour lui une vie heureuse ? Toutefois, dans cette quête du bonheur nous ne sommes pas seuls, et nous ne pouvons pas prétendre parvenir au bonheur tout seul. Ne devons-nous pas notamment permettre à chacun d’accéder dans des conditions égales au bonheur ? Dans ce cas le bonheur est-il vraiment simplement une affaire privée ? L’État n’a-t-il pas un rôle à jouer pour garantir à chacun une certaine qualité de vie ? »

      Ce que je viens de faire ici, c’est justement de formuler la problématique, c’est-à-dire un paradoxe, c’est-à-dire : l’énoncé de la réponse qui semble à première vue évidente (le bonheur est relatif à chacun => c’est une affaire privée), suivi d’une mise en doute de cette réponse (l’État doit garantir les conditions du bonheur => c’est une affaire publique).

      Il n’y a donc pas à « introduire la problématique », ou à la « reformuler ». L’introduction, c’est la formulation de la problématique (suivi de l’annonce du plan).
      Bon courage, et n’hésitez pas à poser une autre question si ce n’est toujours pas clair.

  • Amaury TS1 dit :

    J’ai un peu de mal pour rédiger l’annonce du plan. Doit-on adopter une écriture plutot « terre à terre » comme on l’a appris en français ou en histoire, ce que je juge quand même inapproprié. Mais sinon, comment faire, car vous nous avez dit que notre dissertation était le développement d’une réflexion, où l’on adopte une autre idée lorsque celle que nous avions choisie pose d’autres problèmes ; dans ce cas, comment annoncer d’avance notre deuxième et troisième partie sans avoir commencer le devoir..?
    Merci d’avance

    • Bonjour Amaury,
      Qu’entendez-vous par écriture « plutôt terre à terre » ? Je ne vois pas trop ce que cela veut dire. L’idée en introduction est qu’il faut dégager un problème de la manière la plus naturelle possible. Cela signifie qu’on ne fait pas intervenir d’auteurs en introduction, et qu’on ne fait pas intervenir non plus des concepts philosophiques complexes. On cherche plutôt à montrer que naturellement un problème se pose lorsqu’on commence à réfléchir à la question.
      Mais vous avez très bien formulé la difficulté que représente le fait d’annoncer un plan : comment annoncer un plan qui doit normalement être le résultat d’une réflexion approfondie ? Comment annoncer ce qu’on fait en deuxième partie, ou en troisième partie, si ces parties n’ont de sens qu’en tant qu’elles sont le dépassement des parties précédentes ?
      Je n’ai pas de solution miracle : l’idée est simplement de dégager, de la manière la plus simple, et la plus naturelle possible, ce qui dans le développement sera développé dans toute sa complexité, et en faisant intervenir des concepts et des références philosophiques.
      Ce que je vous propose c’est de me montrer votre première tentative. Ce sera plus facile de vous aider ainsi.

  • Amaury TS1 dit :

    Bonsoir monsieur,
    Désolé de vous déranger, mais j’ai encore un problème : j’ai lu que vous aviez noté en aide pour la partie I qu’il fallait définir les notions, comme la conscience ; mais s’il faut le faire dans cette partie là de la dissertation, que faire dans l’introduction, car j’ai fait mon introduction en analysant le sujet, c’est à dire les termes et les notions.
    Je ne sais donc plus trop où mettre quoi..
    En espérant que vous pourrez m’éclairer,
    Bonne soirée !

    • En fait, dans l’introduction on ne définit pas à proprement parler. On commence à analyser les notions et on le fait de manière implicite, surtout pour dégager un problème. Dans le développement, on définit de manière stricte et précise les idées, et on le fait de manière explicite et développée.
      Par exemple si le sujet est « Le bonheur est-il une affaire privée ? », l’introduction pourrait commencer ainsi : « Le bonheur semble dépendre des désirs particuliers de l’individu. Chaque personne aurait ainsi sa conception du bonheur. Ne faut-il pas alors que chacun soit libre de mener sa vie selon sa propre conception du bonheur ? Le bonheur en ce sens semble être une affaire privée. Mais ne faut-il pas permettre à chacun d’accéder de manière égale au bonheur ? Et dans ce cas, l’État n’a-t-il pas un rôle à jouer pour garantir des conditions égales d’accès au bonheur ? Le bonheur serait alors plutôt une affaire publique. …»
      Remarquez ici que je n’ai pas procédé en faisant des définitions explicites. J’ai implicitement commencé à analyser la notion d’affaire privée (en montrant qu’elle est liée à l’idée d’une forme de liberté de vivre selon ses désirs et ses croyances, en l’opposant à l’idée d’affaire publique, et à ce qui relève du domaine d’intervention de l’État). Et cette analyse m’a servi à dégager un problème, qui se fonde sur une série de distinctions, de tensions (affaire privée / affaire publique, liberté individuelle / rôle social de l’État).
      Dans le développement, en revanche, il faudra explicitement et précisément définir ce qu’est une affaire privée, ce qu’est une affaire publique, etc.

      • Amaury TS1 dit :

        Merci, je comprends mieux à présent. Personnellement, j’ai trop voulu expliciter l’analyse des termes et des notions dans l’introduction, je n’ai donc qu’à transférer cette analyse dans la partie I.
        Par contre, je ne vois pas comment dégager le premier problème pour introduire la première partie, car je croyais que cette première partie était en quelque sorte la première réponse, sans véritable analyse poussée du sujet. En ce sens, il n’y a donc pas de problème à dégager, on devrait se contenter de la réponse qui nous paraît la plus simple (à première vue bien sûr).
        De plus, l’introduction doit-elle être longue, vu qu’on ne doit pas trop s’épancher sur l’analyse ?

        Pour ce qui est de l’annonce du plan, j’entends par ‘écriture plutôt terre à terre’ le fait d’écrire : « Nous montrerons tout d’abord que le bonheur est une affaire privée, puis qu’il peut aussi être considérer comme une affaire publique, et enfin (…) » (pour reprendre votre exemple).
        Je vais essayer de retravailler ma pseudo introduction avant de vous l’envoyer..

        D’avance merci pour l’aide que vous m’apporterez

        Bonne soirée

  • Pascal G dit :

    Hello Cédric,

    En relisant ta méthodo (très bien, d’ailleurs), il me vient une question. Manifestement, tu insistes sur l’idée qu’il n’est pas question de soutenir deux thèses contraires, pour ensuite essayer de se dépatouiller avec la contradiction (ce qui ressemble à un plan thèse / antithèse / synthèse).
    Là où je te rejoins entièrement, c’est sur l’aspect linéaire du raisonnement : on part d’un problème, auquel on apporte une première réponse ; puis on voit que cette réponse pose encore problème, donc on approfondit ; on arrive alors à une nouvelle réponse plus précise que la première (par exemple, en ayant fait une distinction conceptuelle, etc.)

    Mais dans ce cas, pourquoi trois parties ?

    Si dans le plan thèse / antithèse / synthèse (paix à ses cendres), on voit assez clairement la nécessité de la trinité, en revanche, dans le tien, je ne pense pas que le plan en trois parties s’impose…
    Ce n’est pas une objection, c’est une question (je suppose que tu as tes raisons pour le faire); d’autant plus brûlante pour moi que mes TL viennent de me contraindre à faire un corrigé en trois parties (pour que cela corresponde à ce qu’ils avaient à peu près tous tenté).

    « Jamais deux sans trois » : rien que pour ça, j’aurais tendance à tenter les deux parties !

    • Merci Pascal pour ton commentaire et tes questions.
      J’ai deux raisons pour justifier le plan en trois parties.

      La première est (encore une fois) conventionnelle : dans le cadre d’une préparation au bac, il se trouve que la plupart des correcteurs attendent une troisième partie (je parle bien sûr du cas des terminales générales).
      La deuxième est une tentative de justification de cette convention. Il ne faut pas en rester à une partie, car dans ce cas on a un essai et pas une dissertation, or on demande aux élèves de se confronter à d’autres pensées et d’envisager les objections à leur idée.
      Il ne faut pas non plus en rester à deux parties, car deux parties c’est le risque d’une pensée binaire et trop simpliste. Demander de faire trois parties, c’est exiger d’envisager le problème dans sa complexité. Et si on s’arrête à trois parties (pourquoi ne pas en faire plus ?), la raison est liée essentiellement à la durée de l’exercice (en 4h, on ne peut pas demander plus, et l’on risquerait sinon d’avoir des parties trop petites, avec des idées peu développées).

  • Mélissa dit :

    Bonjour Monsieur,
    Tout d’abord, j’ai lu entièrement la méthode de la dissertation et je la trouve vraiment complète et claire (comme plusieurs

  • Mélissa dit :

    Désolée, erreur de manipulation.

    Donc suite de mon commentaire:
    J’ai lu entièrement votre méthode de la dissertation et je la trouve vraiment complète et claire(comme plusieurs des autres commentaires l’ont aussi dis)et j’attends de pouvoir l’appliquer dans un devoir.
    Néanmoins, je me demandais, dans l’introduction qu’elles sont les limites pour introduire le sujet? (Cette question rejoins un peu celle « d’Amaury TS1″.)Mais comment savoir si on est allé trop loin dans le développement et l’introduction des termes clés du sujet? Comment bien repartir les idées et les notions dans l’introduction et les parties du développement?
    J’espère que vous comprendrez ma question.
    Cordialement.

  • Quentin dit :

    Bonjour,

    Méthode très claire et explicite,de quoi réussir une bonne dissert’. Je vous remercis !