Extraits du forum – Questions sur le bonheur, le désir, le paternalisme

Affaire du lancer de nain

Nous avons parlé de l’affaire du lancer de nain. Vous pouvez lire ci-dessous la décision de la Commission européenne des Droits de l’Homme.

http://cmiskp.echr.coe.int/tkp197/view.asp?action=html&documentId=676516&portal=hbkm&source=externalbydocnumber&table=F69A27FD8FB86142BF01C1166DEA398649

Que pensez-vous de cette affaire ? Quelle est votre position sur ce cas ? Qu’auriez-vous décidé en tant que juge ? Comment pourriez-vous justifier votre décision ?

Une élève :

Je trouve très choquant que ce genre de pratiques existent encore à notre époque. Et qu’elles existent tout court d’ailleurs. Je ne vois aucun intérêt, ni pour le public, ni pour le « nain ». Je ne vois aucun plaisir à regarder ça, et à se faire lancer. Les « nains » sont totalement humiliés. D’accord, ils sont consentants, ils font ce qu’ils veulent, mais en pratiquant ce genre d’activité, ils humilient TOUS les « nains », en plus d’eux-même. Alors gagner des sous en se faisant humilier, et surtout de cette façon là, non merci. Et puis que le public cautionne aussi ça, faut vraiment être idiot :x

Un élève :

Certes cette pratique est inhumaine mais qui est à montrer du doigt: le nain qui est consentant, l’homme qui a eu l’idée ou les clients qui ont pratiqué ce « jeu » ?

Une élève :

Une honte à celui qui a eu l’idée puis aussi à ceux qui regardent ce « jeu »…

Suicide et euthanasie

Un texte intéressant sur la question du suicide assisté : http://www.cairn.info/resume.php?ID_REVUE=RAI&ID_NUMPUBLIE=RAI_011&ID_ARTICLE=RAI_011_0029

Une élève :

Tout ce qui nous entoure sur terre nous dirige dans nos choix , mais s’il y a un choix que seul nous-même pourrions prendre c’est bien celui de mourir. Malgré le nombre de suicides, le nombre de personnes qui demandent l’euthanasie en écrivant une lettre (pleine d’émotion) à M.Sarkozy , il n’y pas d’évolution alors que c’est une question essentielle. Pourquoi ne pas interroger la population française sur ce droit d’euthanasie ? Je serai pour un vote sur une loi pour l’euthanasie. Voilà mon avis sur le suicide ou le droit à l’euthanasie .Même si je pense qu’il y a une grande différence entre ces deux mots…

Prostitution et impôts

Dans une des classes, j’avais affirmé que les prostitué(e)s payaient en France des impôts, et nous avions souligné les problèmes que cette situation pose.

Voici un rapport du Sénat sur cette question

http://www.senat.fr/rap/r00-209/r00-20914.html

Un élève :

Je pense que si les prostitué(e)s payent en France des impôts alors leur métier devrait être légalisé car ont paye des impôt seulment pour les emplois légaux et que pour leur cas leur emploie n’est pas « légal », je pense que c’est un paradoxe qui montre la faille de la législation française.

Une élève :

Je suis d’accord avec le précédent message, je ne comprends pas pourquoi les prostitué(e)s doivent payer des impôts alors que leur métier est considéré comme illégal ! C’est n’importe quoi ! On leur interdit de faire ce métier et pourtant on gagne des sous dessus ! Inadmissible …

Professeur :

Sur la prostitution, vous pouvez lire également cet article, par Michela Marzano http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=RAI&ID_NUMPUBLIE=RAI_011&ID_ARTICLE=RAI_011_0133

Bonheur, désir, Épicure

Question d’un élève :

Je voulais revenir sur le cours sur le bonheur : Nous avons commencé par dire que « pour parvenir au bonheur…il faut satisfaire tous ses désirs » puis « pas forcément TOUS ses désirs (en bref) mais peut on vraiment prétendre que « le désir(comme ensemble des désirs) » est L’ORIGINE du bonheur?

Ne peut on pas remetre en cause le fait qu’il faille assouvir des desirs pour être heureux?

Ainsi, ne peut on pas prétendre être heureux sans avoir satifait un quelconque désir?

On peut bien être heureux de sauver une vie, sans que pour autant cela est fait partie de nos désir.

Ne peut-on pas prétend que le bonheur n’est pas forcement le fruit de la satisfaction d’un désir même si cela contribue au bonheur. Bonheur et désir sont liés mais le premier est il le fruit de l’autre?

Je termine mon message sur cette dernière question: La notion de bonheur n’a t’elle pas été introduite (dans la philosophie) pas Epicure? Ainsi l’épicurisme repose en partie sur une recherche raisonné du plaisir. L’épicurisme n’a t’il pas joué un rôle dans votre definition actuelle du bonheur?

Réponse du professeur : Très bonnes remarques et très bonnes questions ! Vous avez tout à fait raison lorsque vous vous demandez si l’on ne peut pas remettre en cause l’idée qu’il faudrait assouvir ses désirs pour être heureux. En fait, c’est dans cette direction que le cours est en train de s’acheminer. Nous avons commencé par analyser les représentations du bonheur dans la publicité. Or, la publicité cherche avant tout à susciter le désir et à faire croire que le bonheur se trouve dans la satisfaction de nos désirs. C’est pour cela que nous sommes partis de cette apparente connexion entre le bonheur et le désir, que l’on retrouve dans la publicité. Mais cette connexion, avons-nous remarqué, semble se fonder dans l’analyse même du bonheur en tant qu’état de plénitude, et du désir en tant qu’état de manque : si le bonheur est plénitude, alors pour être heureux, il ne faut plus ressentir de manque, donc satisfaire ses désirs (puisque nous éprouvons un manque lorsqu’un de nos désirs n’est pas satisfait). Toutefois nous en sommes maintenant à critiquer cette idée que le bonheur consisterait à satisfaire ses désirs. Petit à petit, nous sommes en train de montrer que ce qui semble compter, ce n’est pas essentiellement la connexion entre le bonheur et le désir, mais la connexion entre le bonheur et la satisfaction. Or la satisfaction n’est pas nécessairement liée à un désir. Comme vous l’avez justement remarqué, on peut ressentir une satisfaction d’avoir sauvé une vie, mais cela ne signifie pas que cette satisfaction provient du fait que nous avons réalisé un désir préalable de sauver une vie. Le cas de la satisfaction liée à la réalisation d’un désir ne serait ainsi qu’un cas particulier : il faudrait généraliser, et s’intéresser en fait directement à la notion de satisfaction (ce que nous allons faire dans la suite du cours !).

D’autre part, vous posez la question suivante : La notion de bonheur n’a t’elle pas été introduite (dans la philosophie) pas Epicure? Ainsi l’épicurisme repose en partie sur une recherche raisonné du plaisir. L’épicurisme n’a t’il pas joué un rôle dans votre definition actuelle du bonheur?

En fait, la notion de bonheur est déjà présente avant Épicure, mais il est vrai que la philosophie d’Épicure est centrale lorsqu’on s’intéresse au bonheur, car la philosophie même d’Épicure est centrée sur la question du bonheur. Je vous conseille vivement de lire la Lettre à Ménécée d’Épicure. L’ouvrage est court, mais contient des idées essentielles et vraiment intéressantes. Vous pouvez lire ce texte à l’adresse suivante : http://www.ac-grenoble.fr/PhiloSophie/articles.php?lng=fr&pg=152 L’épicurisme a joué effectivement un rôle très important dans la définition que j’utilise en cours du bonheur. Nous avons défini le bonheur comme un état de plénitude, et Épicure écrit justement dans la Lettre à Ménéce : « il faut méditer sur les causes qui peuvent produire le bonheur puisque, lorsqu’il est à nous, nous avons tout, et que, quand il nous manque, nous faisons tout pour l’avoir. » Une autre raison de mon intérêt pour l’épicurisme est que la philosophie d’Épicure est souvent utilisée par les antipubs, les critiques de la société de consommation et de la société de croissance. Cette philosophie a vraiment une pertinence dans notre monde moderne. Vous pouvez ainsi lire ce texte d’un professeur de philosophie : http://classiques.uqac.ca/contemporains/daneau_patrick/Epicure/Epicure_texte.html Encore merci pour votre question !

Avons-nous des devoirs envers nous-mêmes ?

La question s’est posée en cours. Je vous propose la lecture de ce très bon texte du philosophe Ruwen Ogien. Ruwen Ogien défend l’idée que nous n’avons pas de devoirs envers-nous mêmes. Il part justement du même exemple que celui qui avait été donné en TS3 : le fait de se couper l’oreille !

http://720plan.ovh.net/~villagil/article.php3?id_article=338

Affaire Laskey (sadomasochisme)

Nous avons parlé de l’affaire Laskey en cours. Vous pouvez lire l’arrêt de la Cour européenne des Droits de l’Homme à l’adresse suivante :

http://cmiskp.echr.coe.int/tkp197/view.asp?action=html&documentId=700456&portal=hbkm&source=externalbydocnumber&table=F69A27FD8FB86142BF01C1166DEA398649

Que pensez-vous de cette affaire ? Quelle est votre position sur ce cas ? Qu’auriez-vous décidé en tant que juge ? Comment pourriez-vous justifier votre décision ?

Bonheur et tristesse

Question d’une élève :

Bonjour. Le bonheur tout le monde en parle et la plus part des personnes pensent que pour bien vivre il faut être heureux car c’est très important. Mais si nous n’avions jamais su ce que signifiait le mot bonheur ou même la sention du bonheur serions-nous triste aujourd’hui ? Manquerait -il quelque chose à notre vie ? Merci.

Réponse du professeur :

Bonsoir, Lorsque vous parlez d’une personne qui ne sait pas ce que signifie le mot bonheur ou même la sensation de bonheur, je suppose que vous avez en tête l’idée d’une personne qui n’imagine même pas qu’elle pourrait vivre plus pleinement, vivre mieux qu’elle ne vit actuellement. Serait-ce alors triste de ne pas savoir que l’on peut vivre plus pleinement que l’on ne vit actuellement ? N’est-il pas triste de vivre en dessous de ses possibilités ?

Il faut ici faire une distinction entre les deux affirmations suivantes : “il est triste que cette personne vive en dessous de ses possibilités” et “cette personne est triste de vivre en dessous de ses possibilités”.

Au fond, une personne pourrait très bien ne ressentir aucun sentiment de tristesse à vivre comme elle vit, et pourtant nous pourrions très bien dire qu’il est triste que cette personne vive dans cet état.

“triste” peut en effet soit désigner les sentiments de la personne dont on parle, soit désigner les sentiments de la personne qui parle.

Si l’on reprend votre exemple : supposons que nous ne savons pas ce que signifie le bonheur, cela veut dire que nous vivons un certain type de vie, mais que nous ne savons pas que nous pourrions vivre mieux. Cela ne veut pas dire pour autant que nous sommes tristes (“triste” désigne dans ce cas les sentiments de la personne dont on parle, c’est-à-dire nous). Mais une personne qui sait que nous pourrions avoir une vie bien meilleure, pourrait dire que notre situation est triste (dans ce cas “triste” désigne les sentiments de la personne qui parle).

Nous allons de toute façon dans la suite du cours travailler sur un exemple de situation de ce type (l’exemple du lobotomisé). J’espère qu’après avoir travaillé sur cette situation vous aurez une réponse plus claire à votre question, car mon message ne l’est pas encore ! Merci pour votre question.

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